Google Cloud a propose l'Open Knowledge Format, ou OKF, une specification pour transmettre aux agents IA un contexte soigne au sujet d'une organisation. La specification version 0.1 est volontairement simple : la connaissance est un repertoire de fichiers Markdown, chacun portant un petit entete YAML dont le seul champ requis est type, avec des champs optionnels comme title, description, tags et timestamp. Les concepts se relient les uns aux autres par de simples liens Markdown, et ces liens forment un graphe de connaissances que l'agent peut lire et, surtout, mettre a jour. Le probleme qu'il vise, c'est ce que Google appelle le probleme du contexte fragmente : les guides d'exploitation, les wikis, les catalogues de metadonnees et les commentaires de code qui detiennent la vraie connaissance d'une entreprise, tous cloisonnes dans des systemes qui ne se parlent pas.
Le cadrage est dirige directement contre la generation augmentee par recuperation. RAG repond a une question en redérivant la connaissance a partir de fragments bruts au moment de la requete ; OKF stocke plutot des concepts soignes et relies entre eux qu'un modele consomme directement, sans etape de traduction au milieu. Et il ne demande presque aucune infrastructure : pas de base de donnees vectorielle, pas de backend, pas d'installation. Un ensemble n'est que des fichiers, alors il fonctionne en controle de versions, s'affiche sur GitHub et voyage sous forme de tarball, et Google montre un consommateur minimal ecrit avec rien de plus que les modules standards pathlib, re et yaml de Python.
Le mot sur lequel Google s'appuie, c'est la neutralite. Il qualifie OKF de format, pas de plateforme, lie a aucun cloud, aucune base de donnees, aucun fournisseur de modeles et aucun cadriciel d'agents, et dit qu'il n'exigera jamais de compte proprietaire pour lire, ecrire ou servir. Pour amorcer l'adoption, il a livre un outillage de reference, un agent d'enrichissement BigQuery, un visualiseur HTML statique et trois ensembles d'exemples, et il dit clairement qu'OKF n'est pas tant une nouvelle idee qu'une normalisation de conventions que les gens improvisent deja : les fichiers AGENTS.md et CLAUDE.md, les coffres Obsidian et le patron de wiki pour LLM qu'Andrej Karpathy a esquisse dans un gist en avril.
La vraie question, c'est l'adoption, parce qu'un format ne vaut que par le nombre d'outils qui le parlent, et jusqu'ici le soutien est celui de Google seul. Mais l'intuition rejoint la position de bien des praticiens, et le reste des mouvements d'interoperabilite de la semaine, des meta-harnais qui se placent au-dessus des environnements d'execution d'agents jusqu'a la poussee vers des protocoles d'agents partages. Une connaissance soignee et lisible par l'humain qu'un agent edite sur place, c'est une chose plus lisible et plus portable qu'un magasin vectoriel opaque, et une specification neutre vis-a-vis des fournisseurs, si quelqu'un d'autre l'adopte, c'est ainsi que cela cesse d'etre le dossier de Markdown sur mesure de chaque equipe pour devenir quelque chose que les agents peuvent s'attendre a trouver. Divulgation : CLAUDE.md, cite ici comme anteriorite, est une convention de contexte pour Claude, le modele d'IA qui a redige ceci, concu par Anthropic.
