Databricks a ouvert Omnigent, un projet Apache 2.0 qu'elle appelle un meta-harness, et la distinction dans ce mot est toute l'idée. Un harness, c'est ce qui enveloppe un modèle et le transforme en agent : Claude Code, OpenAI Codex et Pi sont chacun des harnesses. Omnigent siège une couche au-dessus d'eux et traite chaque harness comme une pièce interchangeable d'un système plus large, standardisant l'interface pour que tu puisses swap entre systèmes d'agents sans rien réécrire. La motivation, dans les mots de l'équipe, c'est le bordel dans lequel la plupart du monde est déjà : « Beaucoup d'ingénieurs jonglent maintenant avec quatre ou cinq agents à la fois. Ils copient du texte entre les agents de code, les outils de recherche, les Docs et Slack. Chaque harness comprend seulement ses propres sessions. » Omnigent ajoute la couche partagée qui manque aux harnesses. Architecturalement c'est deux pièces, un Runner qui enveloppe n'importe quel agent dans une session sandboxée derrière une API uniforme, et un Server qui tient les politiques et le partage ; une commande démarre une session terminal et une web UI locale à localhost:6767 qui se synchronise ensuite à travers navigateur et téléphone.
Le pitch s'organise autour de trois C. Composition : swap entre Claude Code, Codex, Pi, les SDK OpenAI et Claude Agents, ou un agent custom défini en YAML avec des changements une-ligne, et utilise une commande /model pour swap des modèles en mid-session. Contrôle : des politiques stateful et contextuelles qui imposent des garde-fous à la couche meta-harness plutôt que via un prompt, les exemples donnés sont de pauser un agent après qu'il dépense 100 $, ou d'exiger une approbation humaine avant un git push qui suit un npm install, avec des politiques YAML empilées à travers les scopes server, agent et session, le plus strict vérifié en premier. Collaboration : partager une session d'agent live par URL pour que les coéquipiers puissent watcher, commenter, co-driver ou forker la conversation en temps réel. Deux agents exemples shippent dans le repo : Polly, un orchestrateur de code multi-agent qui délègue à des sous-agents parallèles dans des git worktrees et route chaque diff vers un vendor différent pour cross-review avant le merge, et Debby, un partenaire de brainstorming qui roule à la fois Claude et GPT que tu peux dire de /debate pour que les deux se critiquent avant de converger.
La partie qui mérite le plus qu'on s'y attarde, c'est où vivent les garde-fous, parce que c'est la réponse autour de laquelle toute l'industrie tourne. Omnigent impose la politique hors du modèle, à la couche d'orchestration, pas dans un system prompt dont le modèle pourrait être argumenté de sortir, et son sandbox OS Omnibox va plus loin en gardant les secrets hors de portée de l'agent au complet. Un token GitHub, dans leur exemple, n'est jamais montré à l'agent du tout ; il est injecté seulement par le proxy d'egress, et seulement sur les requêtes que la politique a approuvées. Place ça contre le rapport OWASP de cette semaine, qui a nommé le prompt injection le top mode d'échec en production et a prescrit de borner le blast radius plutôt que de faire confiance au modèle pour se policer lui-même. Omnigent est proche d'une implémentation directe de cette prescription : assume que l'agent peut être compromis, donc limite ce qu'il peut atteindre, gate les actions irréversibles, et garde la credential quelque part où ni l'agent ni une instruction injectée peut jamais la voir.
Pour la compétition de runtime qu'on track, c'est la couche qui devient meta. La bataille jusqu'ici a porté sur quel harness ou runtime gagne, OpenClaw, Hermes, Claude Code, les plateformes enterprise hébergées. Le pari d'Omnigent, c'est qu'aucun gagne carrément, que les ingénieurs continuent d'en rouler plusieurs à la fois, et que la position durable c'est le control plane au-dessus de tous : composition vendor-neutre, politique transversale, et sessions partagées. C'est aussi un design multi-vendor par défaut tranquillement, Polly qui cross-review des diffs à travers les vendors, Debby qui oppose Claude à GPT, traitant la diversité de modèles comme une feature plutôt qu'un fallback. Les caveats honnêtes sont énoncés clairement : c'est alpha et tôt, le setup veut Python 3.12, Node.js 22 et tmux, tu apportes tes propres modèles, infrastructure et dépenses, et, notablement pour un outil dont tout le pitch est l'interopérabilité, y'a pas de support MCP encore, avec l'Omnigent Server MCP listé sur la roadmap plutôt que shippé. Mais l'idée est du genre qui tend à coller : une fois que tu jongles avec cinq agents, ce que tu veux ensuite c'est pas un sixième, c'est une seule place pour les composer, les gouverner et les watcher.
