NewCore est sortie de l'ombre cette semaine avec un tour d'amorçage de 66 millions de dollars, exceptionnellement gros, à une valorisation post-financement de 300 millions de dollars. Le tour a été mené par Cyberstarts, la firme spécialisée en cybersécurité, avec la participation d'Index Ventures et d'Evolution Equity Partners. Le problème contre lequel l'entreprise se vend est précis : les agents IA commencent à agir comme des employés, et les systèmes d'identité qui régissent qui peut toucher à quoi dans une entreprise ont été conçus pour des humains.

Le chef de la direction Zohar Alon le formule sans détour : l'échelle et la complexité que les agents ajouteront à des plateformes d'identité vieilles de quinze ou vingt ans vont les faire craquer. Sa lecture a un certain poids. Alon a déjà fondé l'entreprise de sécurité infonuagique Dome9, que Check Point a rachetée, et ses cofondateurs ne sont pas non plus des poids légers : Amihai Neiderman a dirigé la recherche au sein de l'Unit 8200 d'Israël et fondé l'entreprise d'IA en santé Nym Health, et Erez Yarkoni a été directeur des systèmes d'information chez T-Mobile USA et chez Telstra.

Le modèle technique est la raison pour laquelle ceci relève de la rubrique sécurité plutôt que de celle du financement. NewCore traite les agents IA comme des identités de premier ordre, chacune dotée de ses propres permissions, de contrôles de cycle de vie et d'un mécanisme de révocation, gérées dans le même système que le personnel humain. Elle utilise une architecture à clé fractionnée qui répartit les identifiants critiques entre le client et la plateforme, de sorte qu'une compromission d'un seul côté ne livre pas les clés. Son intégration Agentic Skill permet aux assistants de codage comme Claude Code, Codex et Cursor d'atteindre les systèmes d'entreprise en tant qu'identités gérées, et une application mobile permet à une personne d'accorder, d'examiner et de révoquer l'accès d'un agent. Cette conception fait écho à la leçon de sécurité que le domaine réapprend sans cesse cette semaine : garder la capacité dangereuse hors de portée directe du modèle, et baliser ce qu'il peut faire plutôt que de lui faire confiance pour se surveiller lui-même.

Le pari porte sur un avenir proche qui n'est pas encore tout à fait là. NewCore compte plus de cinquante employés aux États-Unis et en Israël, mais moins de dix clients, plus de dix partenaires de conception, et ne prévoit pas commencer à facturer avant l'été. Ce qui donne à la thèse son urgence, c'est l'échelle déjà visible ailleurs : Goldman Sachs a testé l'agent de codage Devin comme employé, et McKinsey affirme que 25,000 agents IA travaillent déjà aux côtés de ses 60,000 personnes. La prédiction d'Alon, à savoir que les agents pourraient dépasser en nombre les humains dans les organisations technologiques d'ici quelques années, est le genre d'affirmation qui sonne agressif jusqu'à ce qu'on fasse le calcul sur la vitesse à laquelle le nombre d'agents grimpe.