Le president Trump a publiquement exige que New York annule le moratoire sur les centres de donnees qu'il a signe cette semaine, qualifiant cette premiere pause du genre a l'echelle d'un Etat au pays de decision desastreuse et insistant pour que l'Etat change de cap immediatement. Cet affrontement oppose directement la Maison-Blanche a la gouverneure Kathy Hochul sur l'une des questions les plus contestees de l'ere de l'IA, a savoir qui paie pour l'enorme expansion de la puissance de calcul et qui a le droit de dire non.
Hochul a annonce le moratoire mardi et il s'agit d'une veritable ligne rouge. Son decret suspend certains permis environnementaux de l'Etat pour les nouvelles installations de centres de donnees qui consommeraient au moins 50 megawatts d'electricite, et ce pour une duree pouvant aller jusqu'a un an, pendant que l'Etat etudie la pression que ces projets exercent sur le reseau et sur les communautes locales. Elle a presente cette mesure comme une reponse a la hausse de la demande d'electricite, a l'augmentation des factures d'electricite et au cout environnemental de l'accueil du boom de l'IA, faisant valoir qu'il etait de sa responsabilite d'agir avant que les New-Yorkais ne se retrouvent avec la facture.
Trump a repondu mercredi dans une publication sur Truth Social qui n'a pas menage ses mots. Il a decrit les centres de donnees comme l'une des plus grandes forces motrices pour les emplois de l'avenir et les a qualifies de gros, puissants, audacieux, et de machines a fric pour n'importe quel Etat qui les construit, des vaches a lait que New York a eu la betise de refuser selon lui. Il a somme l'Etat de changer sa politique immediatement et a cite l'Alabama, la Floride, le Texas et l'Arizona comme des endroits ravis d'accueillir l'investissement que New York poussait vers la sortie.
Hochul n'a pas cille. En repondant sur X, elle a retourne contre l'administration son propre argumentaire, ecrivant que si les centres de donnees sont vraiment de l'or liquide, alors les New-Yorkais meritent mieux que des miettes, et que l'Etat a appuye sur pause justement parce que les communautes qui alimentent l'IA devraient profiter de son succes. Cet echange a attire d'autres voix influentes, l'investisseur Bill Ackman presentant le combat sous l'angle de la course a l'IA contre la Chine et Anthony Pompliano en rajoutant contre le moratoire, transformant une decision de permis d'un Etat en un debat national.
Ce bras de fer compte parce que c'est la premiere fois que la collision entre l'infrastructure de l'IA et les communautes qui l'accueillent degenere en un affrontement du president contre une gouverneure, et ce ne sera pas la derniere. Les centres de donnees sont l'ossature physique de l'industrie de l'IA, et ils consomment des quantites astronomiques d'electricite et d'eau tout en promettant des emplois et des recettes fiscales qui, selon les critiques, sont rarement a la hauteur du battage. New York vient de devenir le premier Etat a affirmer que le compromis n'en vaut pas si clairement la peine, et la rapidite et la vehemence de la reponse montrent a quel point les enjeux sont devenus eleves. Que d'autres Etats suivent New York ou se precipitent au contraire pour la doubler, comme Trump les y invite, cela determinera ou sera batie la prochaine vague d'IA et qui en assumera les couts.
