Une cour d'appel francaise a ordonne a des employeurs de suspendre leur usage de ChatGPT et d'un assistant d'IA interne jusqu'a ce qu'ils consultent en bonne et due forme leurs salaries, dans une decision lue comme un avertissement pour toute entreprise qui deploie de l'IA au travail. Selon le media francais specialise en droit de l'IA ActuIA, la Cour d'appel de Paris a juge le 21 mai 2026 (references d'affaires RG 25/13232 et RG 25/13234) que les entreprises, dans le secteur de la presse et des medias, avaient introduit les outils sans la consultation qu'exige la loi francaise.

Les outils etaient ChatGPT et un assistant interne appele DIGI, qui pouvait transcrire de l'audio et de la video, synthetiser des documents, retoucher du texte et generer des titres. La cour les a qualifies de nouvelle technologie au sens du Code du travail, qui oblige un employeur a informer et consulter le comite social et economique, le Comite Social et Economique ou CSE, avant d'introduire une technologie qui change la facon dont les gens travaillent. Les employeurs avaient saute cette etape.

Le raisonnement de la cour etait que les outils etaient de nature a affecter significativement les conditions de travail, l'organisation des taches et les activites des salaries, ce qui est exactement ce qui declenche l'obligation de consultation. Parce que cette obligation n'avait pas ete respectee, la cour a suspendu l'usage des outils jusqu'a ce que la consultation du CSE soit achevee et a alloue des dommages et interets provisionnels aux representants du personnel qui avaient porte l'affaire. Notamment, la decision ne dit pas que l'IA est dangereuse ou illegale en soi. La violation etait procedurale.

C'est pourquoi les observateurs francais y voient un signal fort pour tout projet d'IA, pas seulement celui-ci. En France, et a travers les traditions europeennes de codetermination des salaries qu'elle reflete, la facon dont un employeur introduit l'IA est juridiquement encadree, quelle que soit la qualite de l'outil. La meme logique s'appliquerait a une entreprise deployant ChatGPT Enterprise, Microsoft Copilot ou son propre assistant interne: deployer d'abord et consulter ensuite, et un tribunal peut l'eteindre.

C'est un contrepoint utile a une semaine dominee par les annonces de capacites. Pendant que les fournisseurs se disputent sur ce que leurs modeles savent faire, les limites contraignantes de l'IA au travail viennent de plus en plus du droit du travail et de la procedure, pas des benchmarks. La reserve est qu'il s'agit d'une decision francaise prise dans le cadre d'un mecanisme francais specifique, le CSE, rapportee ici via le compte rendu de la decision par ActuIA, de sorte que l'obligation precise ne se transpose pas partout. Mais le fond du propos voyage: mettre de l'IA devant des salaries est une decision humaine et procedurale a portee juridique, pas seulement un deploiement logiciel.