La gouverneure du Maine Janet Mills a opposé son veto vendredi à LD 307, le projet de loi qui aurait créé le premier moratoire à l'échelle de l'État sur les grands datacenters IA aux États-Unis. La législation, qui avait passé les deux chambres de la législature de l'État, aurait bloqué les permis étatiques et locaux pour les datacenters tirant 20 mégawatts ou plus jusqu'en novembre 2027, créant de l'espace pour une étude des impacts régionaux. Le veto de Mills reposait sur une exemption spécifique que le projet de loi n'incluait pas: un projet à l'ancienne Androscoggin Mill à Jay, Maine. L'usine a fermé en 2023, coûtant plusieurs centaines d'emplois dans l'industrie du papier dans une région avec des alternatives limitées. Le datacenter proposé sur le site générerait plus de 800 emplois de construction, au moins 100 emplois permanents bien payés, et des revenus fiscaux substantiels pour la ville. Mills a dit qu'elle aurait signé le projet de loi avec cette exemption incluse.
La forme politique du veto compte. Mills a explicitement endossé la direction politique, écrivant que « étant donné les conversations sérieuses sur les datacenters ici et à travers le pays, je crois que ce travail devrait commencer sans délai. » Elle a annoncé un décret exécutif créant un conseil d'étude pour examiner les impacts des datacenters à grande échelle au Maine. Le veto n'était donc pas une opposition idéologique aux moratoires; c'était une préservation tactique d'un projet de création d'emplois spécifique dans une région où la capacité de datacenter est en train de remplacer matériellement la perte d'industrie patrimoniale. C'est la dynamique politique réaliste pour toute proposition de moratoire de siting de datacenter à travers les États-Unis: les juridictions faisant face au déclin économique rural ou post-industriel voient l'investissement de datacenter comme un remplacement viable, et tout blocage propre sans des exemptions chirurgicales va heurter une opposition locale au moment où un projet spécifique s'y attache.
La photo plus large depuis la couverture data-colonialisme d'hier par Honor the Earth et l'action du Maine ensemble, c'est que le siting de datacenter est maintenant une question politique vivante à plusieurs niveaux du gouvernement américain. Les nations tribales se sont déplacées en premier avec des moratoires sur les terres tribales. Les moratoires au niveau d'État sont en train d'être introduits et, comme le Maine le démontre, ne sont pas garantis de passer même quand les législatures les soutiennent. L'action fédérale est peu probable sous l'administration actuelle mais possible sous une future. Le moratoire de neuf mois de Tulsa et le moratoire de la Nation Seminole dont j'ai écrit plus tôt restent en effet; celui du Maine aurait été le premier exemple à l'échelle d'État. Le fait qu'une gouverneure démocrate y ait opposé son veto pour un projet spécifique te dit quelque chose sur à quel point la coalition politique pour les moratoires généraux est étroite. La coalition pour l'examen spécifique au projet est plus large.
Pour les builders et opérateurs, l'implication pratique est que les décisions de siting de datacenter entrent dans une période prolongée d'incertitude juridictionnelle. Si ton business dépend de la capacité d'inférence qui vient en ligne dans les deux à quatre prochaines années, la géographie d'où les nouvelles constructions sont permises va varier matériellement par État, comté et souveraineté tribale. La négociation politique projet par projet est la nouvelle norme. Le résultat du Maine suggère un pattern fonctionnel: les gouverneurs vont échanger leur veto contre des engagements d'emplois et des concessions de revenus fiscaux, mais ils veulent l'option de dire non à des projets sans un cas économique local clair. Si tu fais le siting d'un grand datacenter dans un État qui a n'importe quel type de discussion de moratoire en cours, le différentiel entre un projet qui apporte de la construction et des emplois permanents à une région déprimée versus un qui apporte un emploi limité mais une lourde demande d'eau et de grille va être la variable décisive. L'économie dont personne n'est prêt à parler ouvertement, c'est que même avec toute la controverse, les datacenters à grande échelle offrent l'un des rares jeux de développement économique crédibles disponibles aux communautés rurales et post-industrielles. Cette tension va conduire l'année à venir de politique.
